La parole prophétique chez E. Michael Jones, et la réponse à l’actualité de la guerre israélienne contre les peuples.
Tous les grands voyants ont une parole prophétique, avec les quatre versants de la chose : La critique radicale de leur temps, la lucidité pour annoncer un avenir proche de type apocalyptique, l’efficience pour peser, grâce à leur style personnel, dans un bouleversement profond, l’assurance d’être des messagers, d’incarner la transmission et la tradition dans l’échange entre le divin et l’humain, aux antipodes de l’idolâtrie qui divinise tout en les hiérarchisant les soi-disant « créateurs ».
En ce sens, plus que leurs écrits et leurs publications, ce qui est décisif chez eux, c’est la profondeur en amont du geste qui se donne à voir. La métaphore de l’archer explique bien la chose : dans la puissance et la précision de la flèche, c’est ce qui est en arrière, dans la tension de l’arc, du bras, du corps et de l’esprit tout entier, qui va faire de la flèche l’arme adaptée, unique, pénétrante et vibrante.
E Michael Jones offre aux francophones un volumineux manuel pour redonner des fondements historiques et spirituels à la résistance occidentale, le volume Les Guerres culturelles en Occident, (éd. Du Verbe haut, 29 euros) présenté au salon du livre de Chiré le 6 septembre 2025.
Dans le cas de notre Jones, interviennent, si l’on prend du recul, ses origines allemande et irlandaise. Être Allemand, d’après lui, c’est incarner la rigueur, et un intellect incontestablement plus puissant que chez d’autres. Être Irlandais, c’est être radical et constant, face à la décadence de l’Occident, mourir pour Dieu, se faire tuer en combattant, et c’est le témoignage au sens originel du mot grec : donner à voir la puissance de Dieu comme logique du monde, le seul créateur et salvateur. Le destin des Irlandais, en radicale opposition au monde moderne, à la fois catholiques et nationalistes intransigeants, soudés par leur condition de minorité malmenée sous la férule anglaise, puis aux Etats-Unis, le martyre catholico-patriotique ayant déjà été rendu éclatant dans l’assassinat de trois membres de la dynastie Kennedy, entre autres.
Jones, à 77 ans, s’offre à nous comme la personnalité la plus intéressante de la contre-révolution catholique aux Etats-Unis, nullement sectaire, compréhensible sous d ‘autres cieux, ouverte à tous. Personnellement, j’applaudis, dans sa démarche, sa façon d’en finir avec certains délires d’autocélébration de gauche comme de droite. Il ne les discute pas, il les efface. Ainsi, souvent sommairement classé dans l’extrême droite style Pharisiens hautains, il rejette tout tri racial ou ethnique, il réhabilite la lutte du travail contre le capital, il soutient l’Iran en toute connaissance de cause. Il renvoie à leur petitesse les « White boys », représentés à ce jour par Nick Fuentes. Je me plais à imaginer que c’est ce qui reste en lui de sa jeunesse de poète soixante-huitard, rebelle et lyrique, peu soucieux de cohérence, bien utopique, mais aussi raisonnant à l’échelle du message christique et paulinien universaliste. Archi-réactionnaire, certes, il ne saurait blanchir Trump comme d’autres pour sa brutalité envers les immigrants et les Palestiniens.
Jones sait -même si c’est humiliant pour les Wasp ou tout européen de sang se voulant élite et représentant du meilleur de la race décolorée- que les Mexicains et autres Salvadoriens sont de fervents catholiques, sont nombreux, sont jeunes, et sont les véhicules non seulement du catholicisme du siècle d’or espagnol, mais aussi de la théologie souterraine des autochtones dont ceux qui ont usurpé le titre d’Américains ont exterminé, comme des bisons, l’immense majorité.
Jones se voit comme un marginal sous-estimé ; pour lui les Irlandais ne sont pas des blancs, mais des discriminés aux Etats-Unis, des mal-aimés, rejetés même quand ils voudraient se fondre dans le moule. En lui, Jones a vécu le conflit entre ses aïeux allemands et irlandais, les uns voulant à bon droit faire la loi, la dire et exercer un droit hiérarchique au commandement, dans le monde anglo-saxon, les autres humbles, humiliés, mais rebelles intraitables. Cette élasticité catholique et dialectique fait partie des fondements sains de la quatrième république dont il annonce qu’elle est née en 2025.
Pourquoi 2025 précisément ? Avec l’élection de Trump, il considère que le protestantisme, qui était la colonne vertébrale de son pays, est mort, s’est évanoui, dit-il (tout à fait d’accord en cela avec Emmanuel Todd), en tant que gauche dévorée par ses délires foucaldiens, la priorité donnée à toutes les expériences sexuelles et autres facettes du décadentisme suicidaire.
Restent donc, seulement, face à face, deux forces inconciliables : le catholicisme et le judaïsme politique, dit-il. Avec le génocide de Gaza, impossible de tourner autour du pot, il s’agit bien des juifs constituant une formidable puissance politique, un monde menaçant auquel ne peuvent se soustraire ni les juifs pauvres ni les juifs honnêtes, ni les judaïsants égarés que sont nos contemporains.
L’actualité commence à faire basculer l’opinion : terrorisme d’Etat israélien (outre la torture systématique contre les Gazaouis, qui ne fait que s’aggraver depuis deux ans, décapitation du gouvernement yéménite, violation de la souveraineté du Qatar dans une tentative ratée de décapitation du Hamas, chantage chaque fois plus pesant sur les gouvernements américain et autres, et assassinat aux Etats-Unis d’un jeune homme qui pouvait porter la résistance religieuse américaine.
La conversion d’une partie des Israéliens est en marche. Le martyr Charlie Kirk, au départ sioniste « évangéliste », était incontestablement en train de se découvrir antisioniste et catholique, et tentait de toutes ses forces de convertir Trump à l’héroïsme. Comme le sait le musulman Kevin Barrett, le sang versé par les martyrs se change en semence, même si les tyrans tentent d’en faire le ciment du crime partagé.
Les prédictions de EM Jones commencent déjà à s’incarner dans les évènements, et pas seulement chez le Grand Satan, comme l’Iman Khomeini appelait justement l’Amérique impériale.
En France, une centaine de personnes porte plainte contre « Brigitte » (Macron), pour atteinte à l’honneur des femmes (et des hommes), atteinte aux intérêts de la nation, atteinte à l’intégrité d’un mineur de la part d’un adulte ayant autorité sur celui-ci, et prétendant nous imposer ses turpitudes assorties de mensongisme avéré et systématique. Parmi les résistants qui ont révélé l’indignité au sommet de l’Etat, une femme exceptionnelle, Alexandra Brazainville, rappelle que nous nous condamnons des actes, pas des personnes, et que c’est la base de la morale universelle ; le recouvrement de l’éthique personnelle est à la portée de chacun.
En France, Michel Dakar, un militant antisioniste, attaque frontalement le programme de psychiatrisation de la répression, en refusant le chantage : si tu acceptes d’être tenu en laisse par les psy, on t’épargne la prison et les autres tortures qu’on réserve aux innocents.
Trente ans avant qu’il publie ses recherches sur l’holocauste, seule base du privilège juif, dit- E. Michael Jones, on lui annonçait que le Mossad ne le laisserait pas vivre longtemps, tant est profonde sa force de frappe. Il a 77 ans, et nous célébrons aujourd’hui le mystère de la Croix glorieuse.
