Israël a-t-il envoyé 60 000 migrants du Maroc vers Ceuta ?

Puisqu’il s’égosille comme un canard sioniste…

Kevin Barrett
31 juillet

 

 

 

Depuis l’endroit où je vis à Saidia, à l’angle nord-est du Maroc, il y a une demi-heure de marche le long de la plage jusqu’à la frontière algérienne. Il serait facile de nager jusqu’en Algérie, sans les gardes-frontières.

L’idée que les Marocains veuillent fuir le Maroc en nageant jusqu’à l’Algérie est ridicule, comme je l’ai mentionné la semaine dernière. Mais voilà, quelques jours seulement après la publication de cet article, des Marocains et des migrants subsahariens ont commencé à nager en masse vers Ceuta, en Espagne, une petite ville enclave sur la côte nord-ouest de la Méditerranée, à près de 300 miles à l’ouest de chez moi. Certains coupaient les clôtures de barbelés et s’introduisaient donc à pied sec. Au moment où j’écris ces lignes vendredi soir, jusqu’à 60 000 « irréguliers » seraient entrés à Ceuta, et près de 50 000 sont déjà retournés au Maroc. L’Espagne dit que 57 personnes ont péri, principalement par noyade, quelques-uns à cause des bousculades.

C’était quoi TOUT ça ? Le monde, et les habitants de Ceuta en particulier, se grattent la tête. Personne ne semble l’avoir vu venir, ce débarquement.

Une ruée beaucoup plus modeste sur Ceuta avait eu lieu en 2021, lorsque environ 8 000 personnes, un mélange de Marocains et d’Africains subsahariens, avaient profité d’un conflit diplomatique entre le Maroc et l’Espagne qui avait conduit le Maroc à alléger la sécurité aux frontières. Cet événement avait clairement été déclenché par la nouvelle selon laquelle il n’y avait pas de gardes-frontières marocains.

Il y a eu d’autres ruées frontalières impliquant quelques dizaines ou au maximum quelques centaines de personnes. Mais il n’y avait jamais eu rien d’une telle ampleur.

Pourquoi 60 000 personnes ont-elles soudainement décidé de risquer leur vie en nageant jusqu’à Ceuta ou en prenant d’assaut ses clôtures ? Si, en 2021, seul un titre criant en première page « LE MAROC RETIRE SES GARDES DE LA FRONTIÈRE DE CEUTA — ALLEZ-Y » pouvait mobiliser 8 000 personnes pour tenter cette tentative, pourquoi 60 000 personnes ont-elles soudainement décidé de le faire le 29 juillet 2026 sans raison particulière, à un moment où le succès semblait extrêmement improbable ?

Google Gemini, qui synthétise la version officielle de la réalité selon les médias traditionnels, nous dit que la ruée de 2026 sur Ceuta est un événement totalement spontané, planifié par personne, au hasard, motivé par les mêmes facteurs économiques qui motivent le flux constant habituel de migrations, avec des facteurs clés comme l’effet mimétique des réseaux sociaux et la pression des pairs. Gemini (c’est-à-dire l’oligarchie sioniste) impute l’évènement aussi au gouvernement espagnol, dirigé par le Premier ministre antisioniste Pedro Sanchez, pour « une politique espagnole visant à accorder un statut légal à environ un demi-million d’immigrés sans papiers existants ». Cette décision politique a été adoptée le 27 janvier dernier. Et la poussée de régularisation ne s’applique qu’aux personnes déjà présentes en Espagne. Mais Gemini affirme que « de nombreux migrants ont cru à tort que les nouveaux arrivants auraient droit à la légalisation ».

Les médias traditionnels et les politiciens appartenant à l’oligarchie évoquent également la décision de la Cour suprême espagnole du 29 juin selon laquelle les migrants interceptés en mer ne peuvent être soumis à des expulsions sommaires sans procédure régulière. Apparemment, cette nouvelle a été fortement diffusée sur les réseaux sociaux dans le cadre d’une vaste campagne de propagande qui a mobilisé une foule de 60 000 migrants et les a poussés à s’éclabousser vers Ceuta.

Gemini explique comment tout cela s’est passé spontanément :

… coordination numérique décentralisée, comportement spontané de foule, et exploitation opportuniste du laxisme aux frontières…Rumeurs sur les réseaux sociaux : Instructions, encouragements et mises à jour en temps réel se répandent rapidement sur des plateformes comme TikTok, Facebook et les applications de messagerie…Imitation par les pairs : Des vidéos virales montrant des individus entrant avec succès dans l’enclave ont créé un « effet de troupeau » où des jeunes des villes marocaines voisines comme Fnideq ont décidé de copier la tentative….

Des mimétismes de masse spontanées, la folie des foules, le comportement de troupeau et la ruée, des enfants qui font des bêtises et les publient sur internet, et d’autres enfants qui les imitent… Bien sûr, ça arrive. Mais cet ensemble peut aussi être exploité par des acteurs malveillants. Les oligarques sionistes qui possèdent les réseaux sociaux, des personnes comme Larry Ellison et Mark Zuckerberg, travaillent directement avec le Mossad israélien, et dans une moindre mesure avec d’autres agences de renseignement, pour orienter la conversation et l’hystérie sur les réseaux sociaux dans des directions qui servent leurs intérêts.

Les deux applications de réseaux sociaux qui dominent le Maroc sont Instagram (Zuckerberg-Mossad) et TikTok (Ellison-Mossad). Les loyalistes israéliens qui contrôlent ces deux systèmes de contrôle mental de masse disposent également de plus d’un million d’Israéliens d’origine marocaine. Beaucoup de ces Juifs israéliens ethniquement marocains parlent parfaitement l’arabe marocain et sont physiologiquement indiscernables des autres Marocains. Ainsi, pour enclencher un accès de folie massif sur les réseaux sociaux marocains, les experts israéliens en opérations psychologiques n’ont pas à se reposer uniquement sur des bots ou des personnes fictives. Ils comptent un très grand nombre de vraies personnes capables de se faire passer pour de jeunes Marocains de façon crédible.

Le gouvernement marocain ne semble pas faire grand-chose pour protéger ses jeunes des Israéliens Violeurs de chiens et Violeurs mentaux. Il s’engage notoirement dans diverses formes de « coopération sécuritaire » avec l’Entité sioniste génocidaire, et on dit qu’il a acheté le logiciel Pegasus pour cambrioler votre téléphone et vous maîtriser. Ainsi, si Israël décidait un jour de lancer une invasion de Ceuta à la manière d’une révolution colorée menée par les réseaux sociaux grâce à la jeunesse marocaine, il semble peu probable que quiconque, à part peut-être les services de renseignement espagnols, se mette en travers de son chemin. Et les services espagnols, contrairement à Israël, ne sont pas des leaders mondiaux dans le domaine du piratage criminel, ni ne sont propriétaires d’ Instagram et de TikTok.

Pourquoi soupçonner Israël ? Commencez par poser la question habituelle : cui bono. L’effet de soudaine psychose de masses en folie de Ceuta, comme les phénomènes antérieurs de psychose de masses en folie, dans les cas emblématiques, notamment lors du 9/11 et de Charlie Hebdo, profite massivement aux sionistes bien plus qu’à quiconque, car

*cela punit le gouvernement espagnol anti-génocidaire, et son courageux chef antigénocide Pedro Sanchez, pour avoir eu l’audace de couper les livraisons militaires vers Israël.

*cela punit le gouvernement espagnol opposé à la guerre contre l’Iran pour ce que Gemini appelle

« une position strictement anti-guerre contre l’opération militaire menée par les États-Unis en Iran, l’adoption d’interdictions totales de bases, de fermetures complètes de l’espace aérien et de blocage complet  de cargaisons, l’expulsion des avions militaires américains incluant quinze ravitailleurs de l’US Air Force, la fermeture de tout l’espace aérien espagnol à tous les avions militaires américains, le refus d’accès de transit aux avions de guerre américains ou le ravitaillement des avions cargo ravitailleurs venant de pays tiers,  comme le fait que le Royaume-Uni, forçant la logistique américaine à contourner entièrement le territoire espagnol, refuse les droits d’amarrage à tout navire international ou avion de transport transportant du matériel militaire, des armes ou des munitions destinés à Israël ou aux forces américaines combattant au Moyen-Orient… »

*Cela renforce le récit islamophobe lancé par le coup de publicité sous faux drapeau du 11 septembre, permettant aux médias et aux politiciens sionistes d’attiser la crainte d’une invasion en provenance du tiers-monde style « Camp des Saints » de hordes musulmanes à la peau brune — le genre de personnes qu’Israël cherche à exterminer en douce, sans que les Occidentaux nréagissent.

Par le passé, chaque fois qu’il y avait ce genre d’événement médiatique fou qui « arrivait comme ça, tout simplement » — genre 19 musulmans qui ne savaient pas piloter des avions et savaient à peine lacer leurs chaussures mais qui « ont eu de la chance, un jour, et ont réussi à provoquer un suicide explosif de tout le complexe du World Trade Center; ou bien l’histoire des frères Kouachi et Coulibaly qui « juste par hasard » ont créé la psychose collective de Charlie Hebdo le jour même où Michel Houellebecq publiait son Grand Roman Islamophobe ; sans oublier le cas de Lee Harvey Oswald qui « avait juste eu la chance de sa vie » en décochant une balle magique qui avait supprimé le seul obstacle au programme d’armement nucléaire d’Israël… chaque fois, donc, il s’est toujours avéré plus tard que c’était Israël qui était aux commandes.

Je soutiens que c’est probablement la même chose pour la ruée vers les migrants de 2026 sur Ceuta.

 

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